État et situation des langues autochtones en France métropolitaine

gant Yann-Vadezour ar Rouz
Lakaet enlinenn d’an 18-05-2019,
daskemmet d’an 21.05.2020.

Une connaissance de l’état et de la situation des langues est indispensable pour comprendre l’urgence d’une action d’envergure en faveur de ces langues, et pour orienter les mesures à prendre afin de préserver au mieux la richesse que constitue la diversité linguistique, et afin de remédier aux conséquences psychologiquement dévastatrices de la perte de des langues. L’état des lieux des langues autochtones en France métropolitaine montre que cet état et cette situation sont particulièrement préoccupants pour diverses raisons.

Ces remarques sur la vitalité des langues mettent en évidence un important déséquilibre entre la langue d’État et les langues autochtones, la situation étant nettement en défaveur des langues autochtones. Cet état de fait se vérifie sur l’ensemble des domaines concernés : inégalités démographiques, sociales, juridiques, économiques…

Aussi, les mesures en faveur des langues autochtones en application, et permises par la constitution en France, sont nettement insuffisantes, et particulièrement faibles en comparaison de celles dont bénéficient d’autres langues de l’Union européenne. Pourtant, la situation des langues autochtones en France est particulièrement alarmante. Concernant les principales d’entre elles, l’Unesco classe le basque parmi les langues « vulnérables » (niveau 4), le corse parmi les langues « en danger » (niveau 3) et le breton parmi les langues « sérieusement en danger » (niveau 2). Ce classement des langues par l’Unesco figure sur les pages ci-après.

Si on place les langues autochtones de France d’un point de vue dynamique, il est clair que non seulement un processus de substitution linguistique est entamé, mais que ce processus en est à sa phase terminale. Pour enrayer le processus, il conviendrait que les langues autochtones ne soient plus placées en situation d’infériorité par rapport à une autre langue, mais, au contraire, favorisées. Ainsi, une perspective d’écologie linguistique et de préservation de la pluralité, garant d’une pluralité de pensée et de rapport au monde, devrait conduire à l’idée d’une discrimination positive en faveur des langues minorisées sur leur espace pour permettre leur pérennité. Cette mise en valeur des langues autochtones permettrait, en outre, de lutter contre le sentiment de honte et d’auto-dénigrement qu’ont parfois les locuteurs de ces langues, et de renverser l’image négative que ces langues véhiculent au-delà.